Le shiatsu connaît un engouement croissant en France, tant du côté des receveurs que de ceux qui souhaitent se former à cette pratique ancestrale. Mais qui peut légalement exercer le shiatsu ? Quelle formation est nécessaire ? Quelles sont les règles encadrant cette profession ? Que vous envisagiez de devenir praticien ou que vous souhaitiez vous assurer du sérieux de votre thérapeute, cet article répond à toutes vos questions sur la pratique professionnelle du shiatsu en France.

Le cadre légal du shiatsu en France

En France, le shiatsu n’est pas une profession réglementée au même titre que celle de médecin, kinésithérapeute ou infirmier. Cela signifie qu’il n’existe pas de diplôme d’État obligatoire pour exercer cette activité. Toutefois, cette absence de réglementation stricte ne signifie pas que n’importe qui peut s’improviser praticien du jour au lendemain.

Le shiatsu est reconnu comme une profession depuis 2015, inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) sous le titre de « Spécialiste en shiatsu ». Cette reconnaissance officielle constitue une avancée majeure pour la profession et garantit un certain niveau de qualité dans la formation des praticiens.

La pratique du shiatsu relève des activités de bien-être et de relaxation, et non de la médecine au sens strict. Les praticiens ne peuvent donc pas établir de diagnostic médical, prescrire de traitements ou se substituer à un professionnel de santé. Ils doivent exercer dans le respect du code de déontologie de leur profession et orienter vers un médecin toute personne présentant des symptômes nécessitant un avis médical.

Les formations reconnues pour devenir praticien

Pour exercer le shiatsu de manière professionnelle et crédible, il est fortement recommandé de suivre une formation certifiante auprès d’une école reconnue. En France, plusieurs écoles proposent des cursus de qualité, généralement répartis sur trois à quatre ans.

Ces formations comportent un volume horaire conséquent, oscillant entre 500 et 700 heures minimum de cours théoriques et pratiques. Le programme couvre plusieurs domaines essentiels : les techniques de shiatsu proprement dites, l’anatomie et la physiologie occidentales, les principes de la médecine traditionnelle chinoise, la théorie des méridiens et des points d’acupression, ainsi que la déontologie professionnelle.

Les écoles les plus sérieuses sont généralement affiliées à des fédérations professionnelles comme le Syndicat Professionnel de Shiatsu (SPS) ou la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel (FFST). Ces organisations établissent des critères de qualité pour les formations et garantissent un niveau d’enseignement conforme aux standards internationaux.

Le cursus comprend également des stages pratiques supervisés et un mémoire de fin d’études. Les élèves doivent réaliser un nombre minimal de séances encadrées avant de pouvoir exercer de manière autonome. Cette dimension pratique est essentielle car le shiatsu s’apprend avant tout par l’expérience et le toucher.

Le titre de spécialiste en shiatsu

Depuis l’inscription du titre au RNCP, les praticiens peuvent obtenir la certification de « Spécialiste en shiatsu » après validation de leur formation par un organisme certificateur reconnu. Ce titre garantit que le praticien a suivi un cursus complet répondant à des critères précis en termes de durée, de contenu et de qualité pédagogique.

Pour obtenir cette certification, les candidats doivent justifier d’au minimum 500 heures de formation théorique et pratique, réussir des évaluations écrites et pratiques, présenter un mémoire professionnel, et démontrer leur capacité à exercer de manière autonome et responsable.

Ce titre professionnel constitue un gage de sérieux et de compétence pour les clients. Lorsque vous consultez un praticien, vérifier qu’il détient cette certification ou qu’il est en cours d’obtention vous assure de bénéficier de séances dispensées par une personne correctement formée.

Les qualités requises pour devenir praticien

Au-delà de la formation technique, devenir un bon praticien de shiatsu demande certaines qualités humaines et personnelles. La pratique du shiatsu implique un contact physique étroit avec les clients, ce qui nécessite une grande capacité d’écoute, d’empathie et de respect des limites d’autrui.

La sensibilité tactile représente une compétence fondamentale. Le praticien doit développer sa capacité à percevoir les déséquilibres énergétiques, les zones de tension et les blocages à travers ses mains. Cette finesse de perception s’affine avec la pratique et l’expérience, mais elle repose aussi sur une certaine prédisposition naturelle.

L’endurance physique est également importante. Pratiquer plusieurs séances de shiatsu dans une journée sollicite le corps du praticien, notamment le dos, les épaules et les mains. Une bonne condition physique, une posture correcte et une technique appropriée permettent d’exercer durablement sans se blesser.

La patience et la persévérance s’avèrent indispensables, tant durant la formation que dans la pratique professionnelle. Maîtriser l’art du shiatsu demande des années de pratique régulière. Même après la certification, le praticien doit continuer à se former et à affiner sa technique tout au long de sa carrière.

La formation continue et la spécialisation

Un praticien de shiatsu ne cesse jamais d’apprendre. Une fois la formation initiale terminée, il est essentiel de poursuivre son développement professionnel par des formations continues, des ateliers de perfectionnement et des supervisions.

Certains praticiens choisissent de se spécialiser dans des domaines particuliers : shiatsu pour femmes enceintes, shiatsu pédiatrique, accompagnement des sportifs, shiatsu sur chaise en entreprise, ou encore approches spécifiques pour certaines pathologies chroniques. Ces spécialisations requièrent des formations complémentaires et permettent d’élargir sa pratique et sa clientèle.

Les fédérations professionnelles organisent régulièrement des journées de formation, des congrès et des rencontres entre praticiens. Ces événements permettent d’échanger sur les pratiques, de découvrir de nouvelles approches et de maintenir un niveau de compétence optimal.

Le travail personnel sur soi constitue également un aspect important de la formation continue. Beaucoup de praticiens pratiquent eux-mêmes la méditation, le yoga, le tai-chi ou d’autres disciplines énergétiques pour affiner leur propre ressenti et maintenir leur équilibre personnel.

Les professionnels de santé et le shiatsu

De nombreux professionnels de santé déjà diplômés se forment au shiatsu pour enrichir leur pratique. Kinésithérapeutes, ostéopathes, infirmiers, sages-femmes ou médecins trouvent dans cette approche énergétique un complément précieux à leurs compétences conventionnelles.

Pour ces professionnels, le shiatsu offre une dimension holistique qui vient compléter leur vision biomédicale du patient. Ils peuvent intégrer certaines techniques de shiatsu dans leur pratique quotidienne ou proposer des séances spécifiques à leurs patients.

Toutefois, même pour ces professionnels de santé, une formation complète au shiatsu reste nécessaire. Les quelques heures de formation parfois proposées dans les cursus médicaux ou paramédicaux ne suffisent pas à maîtriser cette discipline complexe qui nécessite plusieurs années d’apprentissage.

L’installation en tant que praticien professionnel

Pour exercer le shiatsu de manière professionnelle en France, plusieurs statuts juridiques sont possibles. La majorité des praticiens optent pour le statut de micro-entrepreneur, qui offre une simplicité administrative appréciable pour débuter. Ce statut permet de facturer les séances en toute légalité tout en bénéficiant d’un régime fiscal et social allégé.

D’autres choisissent de créer une entreprise individuelle classique ou une société, notamment lorsqu’ils souhaitent développer une activité plus importante ou s’associer avec d’autres praticiens. Certains exercent également en tant que salarié dans des centres de bien-être, des spas ou des structures de santé.

L’inscription auprès de l’URSSAF se fait sous le code APE 8690F « Activités de santé humaine non classées ailleurs » ou 9604Z « Entretien corporel ». Cette démarche administrative est indispensable pour exercer légalement et être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle.

Cette assurance est d’ailleurs obligatoire pour tout praticien. Elle couvre les éventuels dommages qui pourraient survenir durant une séance. Les fédérations professionnelles proposent généralement des assurances spécifiques adaptées à la pratique du shiatsu.

L’adhésion à une fédération professionnelle

Bien que non obligatoire, l’adhésion à une fédération professionnelle est vivement recommandée. Le Syndicat Professionnel de Shiatsu (SPS) et la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel (FFST) sont les deux principales organisations représentant la profession en France.

Ces fédérations offrent de nombreux avantages à leurs membres : assurance responsabilité civile professionnelle à tarif négocié, accès à des formations continues, référencement sur un annuaire professionnel, soutien juridique, documentation professionnelle, et représentation auprès des pouvoirs publics.

Elles imposent également à leurs adhérents le respect d’un code de déontologie strict qui garantit la qualité et l’éthique des pratiques. Ce code définit les devoirs du praticien envers ses clients, notamment le respect de la confidentialité, le non-jugement, et l’obligation d’orientation vers un professionnel de santé en cas de nécessité.

Les contre-indications à la pratique

Certaines personnes ne peuvent pas devenir praticiens de shiatsu pour des raisons de santé. Des problèmes articulaires sévères, notamment au niveau des mains, des poignets ou du dos, peuvent rendre la pratique difficile voire impossible sur le long terme.

Les troubles psychologiques graves non stabilisés constituent également une contre-indication. Le praticien doit posséder un équilibre psychique suffisant pour accompagner ses clients sans projeter ses propres difficultés ou se laisser envahir par les émotions d’autrui.

Certaines affections cutanées contagieuses ou des problèmes de santé chroniques très invalidants peuvent également limiter la capacité à exercer. Il est important d’évaluer honnêtement sa capacité physique et mentale avant de s’engager dans cette voie professionnelle.

Peut-on pratiquer le shiatsu sur ses proches ?

Une question fréquente concerne la possibilité de pratiquer le shiatsu sur ses proches sans formation professionnelle complète. Certaines personnes souhaitent acquérir des bases de shiatsu pour soulager leur conjoint, leurs enfants ou leurs parents.

Des ateliers d’initiation ou des stages de découverte permettent d’apprendre quelques techniques simples et sécuritaires à pratiquer en famille. Ces formations courtes, généralement de quelques heures ou jours, ne permettent évidemment pas de devenir praticien professionnel, mais offrent des outils de bien-être à utiliser dans le cadre privé.

Il est toutefois important de comprendre les limites de ces initiations. Sans une connaissance approfondie de l’anatomie, des méridiens et des contre-indications, on risque de faire plus de mal que de bien. Certains points ne doivent jamais être stimulés chez les femmes enceintes, d’autres sont contre-indiqués en cas d’hypertension ou de problèmes cardiaques.

Pour une pratique familiale occasionnelle, il est préférable de se limiter à des techniques douces et générales, et de toujours demander conseil à un praticien professionnel avant de travailler sur des problématiques spécifiques.

La reconnaissance internationale

Les standards de formation en shiatsu varient d’un pays à l’autre. Au Japon, berceau de cette discipline, le shiatsu est une profession réglementée nécessitant un diplôme d’État obtenu après plusieurs années d’études. Les praticiens japonais, appelés « shiatsushi », bénéficient d’une reconnaissance officielle et peuvent exercer dans des structures médicales.

En Europe, la Fédération Européenne de Shiatsu (FES) travaille à harmoniser les critères de formation et de pratique. Elle a établi un standard européen de 500 heures minimum de formation et encourage les pays membres à faire reconnaître officiellement la profession.

Les praticiens formés en France selon les standards du RNCP sont généralement reconnus dans les autres pays européens, facilitant ainsi la mobilité professionnelle. Toutefois, il est conseillé de vérifier les exigences spécifiques de chaque pays avant de s’y installer.

L’évolution de la profession

La profession de praticien en shiatsu évolue constamment. De plus en plus d’entreprises font appel à des praticiens pour des séances sur chaise destinées à leurs employés, reconnaissant les bienfaits du shiatsu sur le stress et la productivité.

Les structures de santé, notamment les centres de soins palliatifs, les services d’oncologie ou les maternités, intègrent progressivement le shiatsu dans leur offre de soins de support. Cette reconnaissance par le milieu médical contribue à légitimer la profession et à ouvrir de nouveaux débouchés.

Le développement du shiatsu en ligne ou à distance, notamment durant la période de pandémie, a également fait évoluer les pratiques. Certains praticiens proposent désormais des consultations vidéo pour enseigner l’auto-shiatsu ou guider leurs clients dans des exercices de do-in, la version d’auto-massage du shiatsu.

Conclusion

Pratiquer le shiatsu professionnellement est accessible à toute personne motivée, prête à s’investir dans une formation sérieuse et possédant les qualités humaines nécessaires à cette activité d’accompagnement. Si la profession n’est pas réglementée de manière stricte en France, les standards de formation définis par le RNCP et les fédérations professionnelles garantissent un niveau de qualité et de sérieux.

Que vous envisagiez une reconversion professionnelle, un complément à votre pratique médicale ou paramédicale, ou simplement l’apprentissage de techniques pour votre entourage, il existe une formation adaptée à vos objectifs. L’essentiel est de choisir un parcours reconnu, de s’engager dans un apprentissage continu et de pratiquer avec éthique, humilité et respect de la personne qui se confie à vos mains.

Le shiatsu offre une voie professionnelle riche de sens, alliant technique, dimension énergétique et relation d’aide. Pour ceux qui ressentent l’appel de cette discipline, c’est un chemin exigeant mais profondément gratifiant, où l’on ne cesse jamais d’apprendre, tant sur les autres que sur soi-même.